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et présent ; il est charnel et il est spirituel ; il est clair et obscur, ordonné et confus, sublime et trivial. Qui lèvera ces contradictions ? Qui mettra l’ordre dans ce chaos ?

Dans la Bible elle-même nous trouvons une explication. Isaïe nous apprend que Dieu s’est proposé d’aveugler les uns et d’éclairer les autres, et que sa conduite est calculée de manière à produire ce double résultat. Dieu lui-même se nomme un Dieu caché. Seuls, les élus doivent le discerner sous les voiles dont il s’est couvert. Cette solution est suffisante au point de vue logique. Mais dans quel abîme de réflexions ne nous plonge-t-elle pas ? Comment Dieu peut-il se plaire à tromper et perdre ses créatures ?

Si l’homme n’avait rien en lui de plus relevé que la raison, il lui serait impossible de surmonter ces difficultés. Mais notre cœur a ses clartés, qui ne sont pas celles de la raison. Il voit qu’il n’aurait aucun mérite à se régler sur une évidence rationnelle ; tandis qu’en se donnant, malgré les résistances de la raison et de la nature, il fait un effort et un sacrifice, et se rend capable d’une perfection supérieure à celle des sens et de la raison. Et ainsi s’accomplit dans l’âme le mystère de l’acte de foi. Le besoin de croire qui s’est fait jour dans la volonté rencontre son objet ; et cet objet, s’unissant à la volonté, y réalise la foi qu’elle poursuivait. Celui qui crée dans l’homme cette vie surnaturelle, c’est Jésus-Christ. C’est lui que l’homme cherchait dans sa course vagabonde à travers tous les biens de ce monde. C’est lui qui désormais sera la source de ses