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gagerons-nous ? Nous devons gager que Dieu est.

En tout pari, il y a deux choses à considérer le nombre des chances, et l’importance du gain ou de la perte. La raison que nous avons de choisir tel ou tel parti est exprimée par le produit de ces deux facteurs. Or, poser Dieu, c’est poser un bien infini. Faisons aussi petit que l’on voudra, égal à 1 par exemple, le nombre des chances que Dieu soit. Le parti que Dieu est sera représenté par 1 x ∞. En regard de la béatitude que Dieu peut donner, mettons maintenant les biens de ce monde, et supposons-les aussi grands que l’on voudra. Ils ne peuvent former qu’une quantité finie, que nous appellerons a. Faisons, d’autre part, aussi nombreuses que l’on voudra les chances que Dieu ne soit pas et que le monde existe seul. Ce nombre est fini, puisqu’il y a une chance que Dieu soit. Le parti que Dieu n’est pas sera, des lors, représenté par l’expression n X a. Or ce produit est nécessairement plus petit que le premier, où l’infini entre comme facteur. Donc je dois gager que Dieu est.

Ce raisonnement est démonstratif. Ce n’est, toutefois, qu’un raisonnement. Il réduit l’entendement, mais n’atteint pas le cœur. Et c’est l’adhésion du cœur que réclame la religion chrétienne. Comment l’affirmation que Dieu est pourra-t-elle descendre de l’intelligence dans le cœur ?

Le grand obstacle, ce sont les passions, c’est l’amour des plaisirs. Il faut les quitter. J’aurais bientôt quitté les plaisirs, répondez-vous, si j’avais la foi. Mais moi je vous dis vous auriez bientôt la foi, si vous quittiez les plaisirs. C’est à vous à com-