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dans ce qu’il peut, il se décide à la chercher au-dessus de lui.

Il existe, par tout l’univers, des doctrines traditionnelles qui se donnent justement pour des solutions du grand problème ce sont les religions. À vrai dire, elles sont en général si dénuées de preuves, et elles enseignent une morale si basse, que je ne puis m’arrêter à la plupart d’entre elles. Mais tandis que je considère cette bizarre variété de mœurs et de créances, je trouve en un coin du monde un certain peuple, séparé des autres, et dont les histoires précèdent de plusieurs siècles les plus anciennes que nous possédions. Le livre de ce peuple enseigne des choses étranges. Il raconte que l’homme est l’ouvrage d’un Dieu parfait, qui l’avait créé à son image, dans l’état d’innocence et avec toutes sortes de perfections, mais qu’il se révolta contre son créateur ; qu’en conséquence il fut déchu de son état et communiqua sa nature corrompue à tous ses descendants ; mais que Dieu, dans sa miséricorde, promit d’envoyer aux hommes un libérateur, qui satisferait pour eux, et réparerait leur impuissance. Et un autre livre nous apprend que ce libérateur est en effet venu, et nous a sauvés, en réunissant en lui la misère humaine et la sainteté divine, de telle sorte que de la première jaillit une source de mérite et de grâce.

Vrai ou faux, cet enseignement s’ajuste avec une précision singulière au problème de la condition humaine. Par l’opposition de la grâce et de la nature, il rend compte, et de la grandeur, et de la misère de l’homme ; et, à ceux qui cherchent le remède