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De ces principes découlent les règles de composition et de style que Pascal se traçait, et dont les fragments qui nous restent portent la marque. Sans doute Pascal a écrit : « La vraie éloquence se moque de l’éloquence, c’est-à-dire l’éloquence du sentiment et de la nature se moque de la rhétorique. » Mais, selon lui, l’éloquence du sentiment a elle-même ses règles, puisque le cœur a ses raisons. Il y a, en matière d’éloquence comme en toute action humaine, trois formes : la nature, l’art, le naturel. La nature, dans son état actuel, est un mélange confus de bon et de mauvais. L’art, pris séparément, est l’ensemble des règles imaginées par l’homme en vue de son plaisir, et tendant à déguiser la nature. Le naturel est, non la conformité à la nature donnée, mais le retour à la vraie et primitive nature, exempte d’altération. Ce n’est que par un travail méthodique et difficile que l’homme peut, dépassant la nature et l’art, atteindre au naturel. Ce travail est celui que considère Pascal. L’écrivain a pour objet d’agir sur les âmes, et ce succès ne peut venir que de Dieu. C’est pourquoi, avant d’écrire, il se met à genoux et, soumettant tout son être au Créateur, le prie de se soumettre aussi celui de son frère. Inclina cor meum, telle est sa prière, telle est celle qu’il invite son lecteur à faire avec lui. Car les meilleures raisons seront vaines, si le cœur n’est pas disposé à les recevoir.

Pour chacune des parties de l’éloquence, Pascal a des règles.

S’agit-il de l’invention ? Il considère que l’homme se persuade mieux par les raisons qu’il a trouvées