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ces propositions se trouvent mot à mot dans Jansénius. Or, ceci est une question de fait, et nul n’a le droit ni le moyen de régenter les consciences sur les questions de fait. Ces questions ne dépendent que des sens et de la raison. Sur des points de fait des papes ont erré. Le décret que vous obtîntes contre Galilée empêche-t-il la terre de tourner, et vous de tourner avec elle ? Il ne saurait être de foi qu’un écrit contient en effet l’erreur que l’Église y suppose.

C’est sur la question de fait que Pascal, revenu à l’affaire Arnauld, concentre maintenant le débat. Il affirme, sur la foi de ses amis, que les propositions ne figurent pas littéralement dans l’Augustinus. En réalité, elles s’y trouvent à peu près. Mais il est visible que Pascal n’eût pas admis davantage qu’on le forçât à dire qu’elles ne s’y trouvent pas. Il proteste contre la question elle-même. Le savant et le philosophe s’élèvent en lui contre la confusion des méthodes.

Il ne fuit pas d’ailleurs la discussion relative au fond. Il a réfléchi pour son compte sur la matière, et il ne voit aucune incompatibilité entre le pouvoir de résister à la grâce, qu’admettent les nouveaux thomistes, et l’infaillibilité de l’effet de la grâce, enseignée par saint Augustin. Son étude de l’infini mathématique lui a donné le pressentiment d’une logique supérieure à la logique de l’entendement proprement dit, au regard duquel les contraires s’excluent. En Jésus-Christ le fini et l’infini coïncident. De même le libre arbitre et la grâce, considérés dans leurs principes, ne sont pas deux choses incompa-