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l’opinion suivant laquelle l’homicide est permis est probable dans la spéculation, mais que, dans la pratique, vu l’intérêt de l’État, elle ne saurait être recommandée. Puis vous dites que, pourvu qu’on évite les inconvénients relatifs à l’État, l’homicide en question est permis, même dans la pratique. Et ainsi votre distinction de la spéculation et de la pratique n’est qu’un stratagème pour arriver à excuser l’homicide.

Objecterez-vous que vous n’attribuez cette opinion qu’à quelques théologiens ? Mais cela suffit selon votre doctrine des opinions probables, pour qu’on puisse suivre en conscience. On retrouve ici votre politique. Pour excuser le péché vous avez des textes ; pour réfuter ceux qui vous convainquent d’excuser le péché, vous en avez d’autres. Cœurs doubles, c’est à vous que s’adresse la malédiction divine « Væ duplici corde et ingredienti duabus viis !

Quelques jours après la publication de cette treizième Lettre, le 16 octobre 1656, le pape Alexandre VII condamnait les cinq propositions, tirées, disait la bulle, du livre de Jansénius, et cela, dans le sens où les avait entendues Jansénius.

Pascal ne touche pas, pour le moment, à cette question épineuse. Mais il redouble d’énergie dans sa réfutation des maximes morales de la Société. Il reprend le sujet de l’homicide, et écrit cette quatorzième Lettre, l’une des plus terribles, qui fit perdre tout sang-froid au père Nouet. Il y montre les jésuites, contre tous les canons de l’Église, contre l’autorité des Pères, des saints et de l’Écriture, appuyant sur des raisonnements impies des maximes