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mentales sont très utiles pour permettre le mensonge. La première prescrit d’user de termes ambigus, en faisant en sorte qu’ils soient entendus autrement qu’on ne les entend soi-même. La seconde prescrit de sous-entendre en sa pensée quelque circonstance propre à ôter le mensonge, sans que les paroles dont on ne sert puissent en aucune façon le faire connaître. Par exemple : Je jure que je ne l’ai pas fait (avant que je fusse né).

Il est admirable combien de péchés sont enlevés par ces inventions. Non pas tous pourtant. Ainsi l’on demande si les jésuites peuvent tuer les jansénistes. — Ils ne le peuvent sans péché, parce que les jansénistes n’obscurcissent non plus l’éclat de la Société qu’un hibou celui du soleil.

Le fruit d’un si beau zèle est la dévotion aisée. Désormais les hommes ont les moyens de se sauver sans peine, parmi les douceurs et commodités de la vie. Les bons Pères savent des dévotions à la mère de Dieu faciles à pratiquer, qui suffisent à nous ouvrir le Paradis. Et qu’importe par où nous entrions dans le Paradis, pourvu que nous y entrions ! Désormais il n’est guère de péché mortel qui ne puisse être converti en péché véniel. Soit, par exemple, l’ambition. Si vous désirez les grandeurs pour offenser Dieu plus commodément, c’est assurément un péché mortel ; mais dans tout autre cas, ce n’est qu’un péché véniel. Et les péchés véniels n’empêchent pas d’être dévot. Les bons Pères ont si bien adouci les difficultés de la confession, que les crimes s’expient aujourd’hui avec plus d’allégresse qu’ils ne se commettaient jadis. La contrition n’est plus