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Un troisième moyen est la double probabilité du pour et du contre. Quand le pour et le contre sont probables, ils sont sûrs. Or de ce qu’un pape, par exemple, prononce dans un sens, en s’attachant à l’affirmative, il ne s’ensuit pas que la négative n’ait aussi sa probabilité. Toute opinion inventée par un docteur grave devient probable avec le temps, et peut être suivie en toute sûreté, du moment que l’Église ne l’a point contredite.

Par l’emploi convenable de ces méthodes, ces bons Pères empêchent une infinité de péchés, soit communs, soit relatifs aux diverses conditions. Bénéficiers, prêtres, religieux, valets, gentilshommes, juges, gens d’affaires apprennent à éluder les commandements spéciaux qui les concernent. Les bénéficiers, désormais, peuvent pratiquer la simonie, les prêtres dire la messe après un péché mortel, les religieux désobéir à leurs supérieurs.

Quelques procédés particuliers sont précieux dans certains cas telles la méthode de diriger l’intention, et la doctrine des équivoques et des restrictions mentales.

Quand ces bons Pères ne peuvent empêcher l’action, ils purifient l’intention, et ainsi ils corrigent le vice du moyen par la pureté de la fin. Le précepte est d’avoir en vue un objet permis. Ainsi le duel est sans péché, si l’on dirige son intention à l’accepter, non pour tuer, mais pour défendre son honneur ou sa fortune. Un fils peut désirer la mort de son père, pourvu que l’objet final de son désir soit, non de le voir mourir, mais d’hériter de lui.

La doctrine des équivoques et celle des restrictions