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Blaise avait trois ans lorsque sa mère mourut. L’influence féminine, toutefois, ne fut pas absente de son éducation. Car il grandit entre ses sœurs, auxquelles il était tendrement attaché. Il reçut également les soins d’une personne de confiance, que Mme Périer appelle ma fidèle, et qui fut sans doute plus qu’une domestique.

Le père, Étienne Pascal, savant en mathématiques, versé dans la physique, lié avec les plus habiles gens de cette époque, avait à cœur de donner à ses enfants, à son fils surtout, une solide éducation. En 1631, il vendit sa charge, pour pouvoir se consacrer tout entier à cette tâche. Sa situation de fortune lui permettant d’arranger à son gré son existence, il quitta Clermont, où les compagnies mondaines l’auraient distrait de son occupation, pour se retirer à Paris. Il y connaissait la famille du célèbre avocat Antoine Arnauld, ennemi des jésuites, mort en 1619. Des vingt enfants qu’avait eus Antoine Arnauld, dix étaient restés, dont Arnauld d’Andilly, l’aîné, et Antoine Arnauld, le théologien, né en 1612, le plus jeune.

Étienne Pascal se forma, pour l’instruction de son fils, un plan soigneusement médité. Sa principale maxime était de tenir toujours cet enfant au-dessus de son ouvrage. Il avait décidé de ne pas lui faire étudier le latin et le grec avant douze ans, non plus que les mathématiques avant quinze ou seize. Entre huit et douze ans il lui fit voir seulement, d’une manière générale, ce que c’est que les langues ; il lui expliqua comment, après qu’elles s’étaient formées naturellement, on les avait réduites en gram-