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tique. Dès le Moyen Âge on en trouve de nombreux exemples. Les doctrines de Duns Scot et d’Occam, qui mettent en relief la volonté et l’individualité, en favorisent le développement. Mais ce qui n’était qu’une pratique et une coutume devint, chez les jésuites, un système. Escobar se donne pour tâche de rendre possible à tous l’absolution dans cette vie, le salut dans l’autre. Dès lors, en chaque action défendue, il s’applique à distinguer si habilement le cas précis où elle est défendue des cas où elle est permise, que la défense, en fait, ne trouve presque plus d’applications. Là où Aristote avait mis le jugement vivant de l’homme de bien, les jésuites introduisent des règles écrites, subtiles et compliquées, qui recouvrent la loi et tendent à s’y substituer.

Le danger d’un tel système ne manqua pas de frapper les âmes religieuses. Dès 1565, l’Université de Paris demandait l’expulsion des jésuites. Et en effet, la morale chrétienne s’était présentée avec un caractère bien différent de celui que lui prêtait Escobar. Jésus-Christ avait dit : « Qui ne m’aime point ne garde point mes préceptes » ; et saint Paul avait prononcé l’anathème contre ceux qui n’aiment pas le Seigneur Jésus. Il n’était pas ici question de cas et de circonstances. Saint Augustin avait fait de l’amour de Dieu le devoir fondamental et absolu. Et c’était de cet amour qu’avait vécu l’Église. Il était contraire à l’esprit du christianisme de chercher le salut dans la simple obéissance extérieure à des règles écrites, abstraction faite de la pureté du cœur.

Les jansénistes étaient, sur ce point encore, du