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Cornet, syndic de la Faculté de théologie. Ces propositions concernaient le rapport de l’homme à la grâce divine et la prédestination. Isolées de l’ensemble, et prises dans leur sens immédiat, elles apparaissaient comme la négation à peu près complète du libre arbitre, et l’affirmation que Jésus-Christ n’est pas mort pour tous les hommes. Elles étaient d’ailleurs très habilement choisies, puisque Bossuet déclara qu’elles étaient l’âme du livre.

Les jansénistes étaient très sincèrement attachés à l’Église, et opposés au protestantisme. Ils eussent peut-être cédé, si le différend eût été purement théologique. Mais ce qu’ils condamnaient chez les jésuites, c’était leur morale autant que leur théologie, et ils considéraient les deux doctrines comme solidaires.

La morale des jésuites consistait principalement dans la casuistique. En un sens, ce n’était pas là une nouveauté. Si déjà, dans l’antiquité, sur la trace d’Aristote, la rigide secte des Stoïciens avait conçu comme variable, dans la pratique, le devoir, qu’elle jugeait absolu dans la théorie, l’Église chrétienne, tournée vers l’application et poursuivant le salut individuel des âmes, ne pouvait manquer d’admettre des idées analogues. La confession et la direction spirituelle y contribuèrent particulièrement. On se préoccupa d’adapter les préceptes éternels de Dieu à la volonté et aux besoins changeants des individus, de considérer, dans leur complexité et leur variété, les cas que nous offre la vie réelle, et de tirer de cette étude les enseignements qu’elle comporte relativement au devoir et à l’imputabilité : ce fut la casuis-