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CHAPITRE VI


LES « PROVINCIALES ».


Quels que fussent, au commencement de 1655, les projets de Pascal, il n’eut pas, à cette époque, le loisir de les exécuter. Retiré à Port-Royal pour y vivre dans le recueillement et le silence, il s’y vit tout à coup engagé dans l’une des luttes les plus solennelles et les plus ardentes qui aient agité les esprits des hommes.

L’occasion fut un événement, en lui-même peu considérable. Le 31 janvier 1655, M. Picoté, prêtre de la paroisse de Saint-Sulpice, ajournait, pour la communion, son pénitent M. de Liancourt, par cette raison que celui-ci avait chez lui un hérétique, un ami de Port-Royal, l’abbé de Bourzeis, de l’Académie française, et qu’il faisait élever sa petite-fille dans les écoles de l’abbaye. À l’occasion de cet événement, Arnauld publia un écrit intitulé Lettre à une personne de condition, qui fut violemment attaquée par les jésuites, notamment par le P. Annat. Arnauld répliqua, le 10 juillet 1655, dans une Seconde lettre à un duc et pair de France, lequel était M. le