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est manifestement fausse. De cette fausseté résultera la vérité de la proposition contradictoire. Ce mode de démonstration, en ce qui concerne les principes, convient à la nature de l’homme. Car son intelligence, depuis le péché, est malade. Naturellement elle ne connaît que le mensonge. L’infini, par exemple, lui est incompréhensible, et cependant il est véritable. La raison en démontre l’existence, en prouvant qu’il n’y a point deux nombres carrés dont l’un soit double de l’autre, tandis qu’un carré géométrique peut être double d’un autre carré : il suit de là que l’espace ne se compose pas d’un nombre fini d’indivisibles mais est divisible à l’infini. Légitime, nécessaire dans la plus parfaite des sciences, pourquoi le recours à la lumière naturelle ou à la démonstration indirecte serait-il, ailleurs, taxé d’abord d’incertitude ?

Si l’on analyse dans ses détails la méthode des géomètres, on trouve qu’elle comprend certaines règles relatives, soit aux propositions prises en elles-mêmes, soit à l’ordre dans lequel les propositions doivent être disposées. Les premières prescrivent : 1° de définir tous les termes dont on doit se servir, sauf ceux qui sont trop clairs pour demander et comporter une définition ; 2° de proposer des axiomes évidents ; 3° de substituer toujours mentalement dans les démonstrations la définition à la place du défini. Quant aux secondes, le fragment inachevé ne fait que les mentionner. Pourtant Pascal considérait, en toute recherche, la question de l’ordre comme prépondérante. Sans doute, sur l’ordre dans les démonstrations mathématiques, ses