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Et, si de pareilles révolutions s’accomplissent dans certaines parties de l’univers, qui peut affirmer qu’il se produit ailleurs des révolutions exactement inverses qui rétablissent l’équilibre ?

Les lois particulières paraissent nécessaires parce qu’elles rentrent nécessairement dans les lois générales ; mais, si les lois les plus générales, trame des lois particulières, peuvent varier, si peu que ce soit, tout l’édifice du destin s’écroule.

L’ensemble n’est que la somme des détails. La forme de l’ensemble ne peut être contingente que s’il y a dans les parties un élément indéterminé. Mais, si la contingence des lois générales n’amène que de faibles variations pour des masses immenses et des périodes de temps considérables, comment les éléments de ces variations apparaîtraient-ils à l’expérimentateur qui opère pendant quelques instants sur quelques parcelles de matière ?