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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/54

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— Non, non, c’est très bien ainsi. Si vous étiez venu plus tôt, je n’aurais pu vous donner tout le temps que je souhaite. Je réserve mes matinées au travail : ce sont mes heures préférées.

En peu de mots, je conte l’aventure de mon voyage, mon départ de Moscou, la gare de Toula, l’hôtel Vermann, les quatorze verstes de neige. Tolstoï écoute ce récit avec une attention scrupuleuse, ses yeux flamboyants enfoncés en moi, comme s’il entendait des choses essentielles. Et lorsque j’ai fini :

— Eh bien, voici. Tout à l’heure, je vous demanderai la permission d’aller travailler. Nous nous reverrons dans l’après-midi. Mais c’est ce soir surtout que nous causerons à loisir. Peut-être encore, si vous aimez marcher et si la neige ne vous fait pas peur, pourrons-nous faire une promenade ensemble, vers quatre heures. Et vous coucherez ici, bien entendu ?

Je m’excuse : je n’avais pas prévu cette généreuse proposition, mon bagage est resté à Toula…