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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/347

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Enfin, le 22 juillet, le Bulletin de l’étranger du Temps, que rédige, comme on le sait, un spécialiste éminent, réputé à l’étranger aussi bien qu’en France, notait les répercussions de la guerre sur les Indous :


Comme ils ne sont pas suspects de tendresse envers leurs patrons britanniques, on aurait pu croire que les Russes trouveraient chez eux des sympathies au moins secrètes. Il n’en fut rien. Tous leurs journaux sont unanimes. C’est avec transport, c’est avec ravissement qu’ils enregistrent les victoires japonaises. Du grand journal indigène, avec sa partie anglaise et sa partie locale, jusqu’à la moindre feuille du village, tout est pour le Japon.

Le fait que la Grande-Bretagne et le Japon sont amis, et celui que la Russie est représentée depuis des générations comme l’ogre du Nord, concourent peut-être à cet état d’esprit. Mais il y a quelque chose de plus puissant dans l’âme du Babou. C’est le sentiment que les Japonais sont un peuple asiatique comme eux, et que ce peuple asiatique est en train de battre des blancs.

Ce n’est pas nous qui faisons la constatation. Ce sont les journaux anglais de l’Inde et de la métropole. Ils s’abstiennent de réflexions sur le sujet. Tout ce qu’ils notent, c’est que, si le Japon triomphe