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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/310

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bilité de la vie humaine, n’avaient jamais existé.

Des hommes éclairés de la lumière de la vérité, Japonais et Russes, pires que des bêtes sauvages, se jettent les uns sur les autres avec le seul désir de détruire le plus de vies possible. Des milliers de malheureux gémissent déjà et se convulsent dans de cruelles souffrances et meurent dans les hôpitaux japonais et russes, en se demandant avec étonnement pourquoi on leur a fait cette terrible chose ? D’autres, par milliers, pourrissent sous la terre et sur la terre, ou se noient dans la mer où ils se ballonnent et se décomposent. Et des dizaines de milliers de femmes, de pères, de mères, d’enfants, pleurent leurs soutiens tués en vain. Mais tout cela est peu : des victimes et encore des victimes se préparent. Le soin principal des chefs du meurtre est, du côté des Russes, que le courant de la chair à canon : 3.000 hommes par jour destinés à la mort, ne s’interrompe pas un moment. Les Japonais ont le même souci. On chasse sans cesse les sauterelles dans le fleuve pour que les derniers rangs passent sur ceux qui sont noyés…