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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/296

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L’arme la plus belle est toujours une arme non bénie, c’est pourquoi l’homme raisonnable ne s’y fie pas. Il tient surtout à la tranquillité. Il vainc, mais ne se réjouit pas. Se réjouir de la victoire, c’est se réjouir du meurtre des hommes. Celui qui se réjouit du meurtre des hommes ne peut pas atteindre son but (Lao-Tsé).


Si un voyageur apercevait dans une île lointaine des hommes dont les maisons seraient entourées d’armes chargées et autour desquelles marcheraient jour et nuit des sentinelles, il ne pourrait ne pas penser que dans cette île ne vivent que des brigands. N’est-ce pas ce qui se passe dans les pays européens ? Combien peu d’influence sur les hommes a donc la religion, ou que nous sommes loin de la vraie religion ! (Lichtenberger.)


Je terminais cet article quand est venue la nouvelle de la perte de six cents vies innocentes, en face de Port-Arthur. Il semblerait que les souffrances inutiles et la mort de ces malheureux trompés, perdus en vain, dussent faire réfléchir ceux qui en sont cause. Je ne parle pas de Makarof et des autres officiers ; eux tous savent ce qu’ils font et pourquoi ils le