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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/284

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envoyé en ce monde. Et cette volonté, je la connais. Elle est en ceci : je dois aimer mon prochain et le servir. Pourquoi donc, suivant les exigences temporaires, accidentelles, insensées et cruelles, trahirais-je la loi éternelle et immuable de toute ma vie ? Si Dieu existe, quand je mourrai (ce qui peut arriver à chaque instant) il ne me demandera pas si j’ai défendu Yunan-Po avec ses dépôts de bois ou Port-Arthur, ou même cette organisation qu’on appelle l’État russe et qu’il ne m’a pas confiée. Mais il me demandera ce que j’ai fait de cette vie qu’il m’avait donnée, si je l’ai employée à ce à quoi elle était destinée et pourquoi elle m’était confiée. Il me demandera si j’ai rempli sa loi.

De sorte qu’à la question : Que faut-il faire maintenant que la guerre est commencée ? moi, homme qui comprends ma destination, quelque situation que j’occupe, je ne puis donner d’autre réponse que celle-ci : En n’importe quelle circonstance, que la guerre soit commencée ou non, que des milliers de Japonais et de Russes soient tués ou non, qu’on ait pris non seulement Port-Arthur, mais Pétersbourg