Ouvrir le menu principal

Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/280

Cette page a été validée par deux contributeurs.


millions servent et lui seul refuse. Il faut le bien fouetter et il changera ses convictions. » (Lettre d’un paysan réfractaire.)


On expédia Olkovik à l’Amour. Sur le bateau, tous firent leurs dévotions, lui s’y refusa. Les soldats lui demandèrent pourquoi. Il le leur expliqua. À la conversation prit part un soldat, Cyril Séreda. Il ouvrit l’Évangile et se mit à lire le chapitre V de Mathieu. Après avoir lu, il dit : « Voilà, Christ défend le serment, les tribunaux, la guerre, et chez nous il y a tout cela et on le regarde comme une bonne chose. » Les soldats qui l’entouraient remarquèrent que Séreda n’avait pas de croix au cou. On lui demanda : « Où est ta croix ? » Il dit : « Dans mon coffre. » Il demandèrent de nouveau : « Pourquoi ne la portes-tu pas à ton cou ? » Il répondit : « Parce que j’aime Christ, c’est pourquoi je ne puis porter l’instrument de son supplice. » Ensuite deux caporaux entrèrent et se mirent à parler à Séreda. Ils lui demandèrent : « Pourquoi, récemment, as-tu fait tes dévotions et maintenant tu ne portes plus la croix ? »

Il répondit : « Parce qu’alors j’étais ignorant, je ne voyais pas la lumière, et maintenant j’ai commencé à lire l’Évangile et j’ai appris qu’un chrétien ne doit pas faire tout cela. »

Ils demandèrent de nouveau : « Alors tu ne ser-