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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/264

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le ministre qui croit de son devoir de préparer la guerre, et le journaliste qui excite à la guerre, et chaque homme qui se demande ce qu’il est, et quelle est sa destination. Et aussitôt que le chef d’État, cessera de diriger la guerre, le soldat cessera de guerroyer, le ministre de préparer les moyens de guerre, les journalistes d’y provoquer ; alors, sans aucune nouvelle institution, adaptation, équilibre, ni tribunaux, se détruira d’elle-même cette situation sans issue, dans laquelle se placent les hommes, non seulement envers la guerre, mais envers toutes les calamités qu’ils s’imposent eux-mêmes.

De sorte que, si étrange que cela paraisse, la délivrance la plus sûre, la plus évidente de toutes les calamités qu’ils s’imposent, et de la plus horrible, la guerre, est atteinte, non par des mesures générales extérieures, mais par ce simple appel à la conscience de chaque individu que dix-neuf cents ans auparavant Christ a proposé : que chaque homme se ressaisisse et se demande qui il est, pourquoi il vit, ce qu’il doit faire et ne pas faire ?