Ouvrir le menu principal

Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/259

Cette page a été validée par deux contributeurs.


gage commun à toute l’humanité et que tous comprennent. (Mazzini.)


Non, j’en atteste les soulèvements de conscience de tout homme qui a vu couler ou fait couler le sang de ses concitoyens, ce n’est pas assez d’une seule tête pour porter un poids aussi lourd que celui de tant de meurtres ; ce ne serait pas trop d’autant de têtes qu’il y a de combattants. Pour être responsables de la loi de sang qu’elles exécutent, il serait juste qu’elles l’eussent au moins bien comprise. Mais les institutions meilleures, réclamées ici, ne seront elles-mêmes que très passagères ; car, encore une fois, les armées et la guerre n’auront qu’un temps ; car, malgré les paroles d’un sophiste que j’ai combattu ailleurs, il n’est point vrai que même contre l’étranger la guerre soit divine ; il n’est point vrai que la terre soit avide de sang, La guerre est maudite de Dieu et des hommes mêmes qui la font et qui ont d’elle une secrète horreur, et la terre ne crie au ciel que pour lui demander l’eau fraîche de ses fleurs et la rosée pure de ses nuées. (Alfred de Vigny. Grandeurs et servitudes militaires.)


L’homme n’est pas plus fait pour contraindre que pour obéir. À ces deux habitudes inverses les