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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/242

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Se peut-il rien de plus plaisant qu’un homme ait droit de me tuer parce qu’il demeure au delà de l’eau et que son prince a querelle avec le mien, quoique je n’en aie aucune avec lui ? (Pascal, Pensées, p. 61.)


Les habitants de la planète terrestre sont encore dans un tel état d’inintelligence, de stupidité, que l’on voit dans les pays les plus civilisés les journaux quotidiens rapporter naïvement sans discussion, comme une chose toute naturelle, les arrangements diplomatiques que les chefs d’État font entre eux, les alliances contre un ennemi supposé, les préparatifs de guerre ; les peuples permettent à leurs chefs de disposer d’eux comme d’un bétail, de les conduire à la boucherie sans paraître se douter que la vie de chaque individu est une propriété personnelle…

Les habitants de cette singulière planète ont été élevés dans l’idée qu’il y a des nations, des frontières, des drapeaux, ils ont un si faible sentiment de l’humanité que ce sentiment s’efface entièrement dans chaque peuple devant celui de la patrie.

Il est bien vrai que si les esprits qui pensent voulaient s’entendre, cette situation changerait, car individuellement nul ne désire la guerre… et puis il y a des engrenages politiques qui font vivre