Ouvrir le menu principal

Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/194

Cette page a été validée par deux contributeurs.


comme se volatilise la pluie des nuages au-dessus du cratère des volcans. Qu’importe que l’aveugle humanité traite de visionnaires ceux de qui l’illusion est de croire à la beauté de son destin ! De même que le feu des volcans s’épuise tandis que s’égouttent sans fin sur leurs sommets les nuages incessamment renouvelés, le jour viendra où, de l’intarissable source des âmes bienfaisantes, les ondes pacifiques se répandront sur l’humanité fraternelle. Et les visionnaires d’aujourd’hui sont les prophètes de demain.


Tolstoï s’était levé sur ces mots d’espérance et, emportant son courrier, il s’était retiré dans son cabinet de travail pour le lire à l’aise.

La comtesse fait alors :

— Il vous a dit des choses intéressantes, n’est-ce pas ?

Puis, tout aussitôt :

— Elles ne sont pas nouvelles pour nous. Il y réfléchit sans cesse, et il nous en parle souvent. Ou plutôt il en parle devant nous.