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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/184

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VII


La soirée s’avançait. À travers la vaste pièce, perdus dans le silence noir que nous sentions palpiter autour de nous, à l’infini, parmi l’innombrable campagne glacée, la vivante causerie du maître vénéré se prolongeait sans hâte et sans lassitude. Je voudrais pouvoir me rappeler toutes les choses profondes qu’il m’a dites, et la manière dont il les disait, et les gestes qu’il faisait, et les fulgurations de ses yeux, quand il les disait. J’évoque à cette heure la rude sérénité de son jugement, qui ignore l’angoisse de douter, d’hésiter, qui méprise la faiblesse de transiger ; la variété de ses propos, l’abon-