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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/177

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ceux pour qui sa sympathie littéraire s’affirme avec le plus d’ardeur est M. Octave Mirbeau.

Je lui demandai :

— Avez-vous lu sa dernière pièce, les Affaires sont les affaires ?

— Oui, oui, je crois bien, fit-il aussitôt. Voilà une œuvre belle et riche ! Du reste Mirbeau a tant de talent !… J’aimais moins cependant son autre pièce… comment l’appelez-vous ?… les Mauvais Bergers, dont l’idée ne me semblait pas très claire. Mais celle-ci me ravit : elle est nette, lumineuse, hardie, solide ; des caractères bien posés, vivants et forts ; une action rapide et saisissante… Oh ! c’est très bien, très bien… Mais j’ai vu que l’on avait un peu disputé Mirbeau sur son dénouement : la mort brutale du fils, l’intervention des ingénieurs dans le désespoir du père, la discussion d’un contrat à l’instant même où l’on ramène le cadavre. Je ne comprends pas cette querelle, car cette péripétie est très belle, à mon sens, et j’y vois justement le point culminant de la pièce. Est-ce que Mirbeau pouvait conclure sans