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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/171

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— Non, certes. Ce n’est pas ce que je veux dire. Mais je cherche les raisons pour lesquelles l’innocence d’un homme a partagé la France et remué le monde.

— Parce qu’on a vu se ruer contre elle, dans un délire abject, une bande effroyablement sauvage.

— Justement, pourquoi est-ce contre celui-là, contre celui-là seul, que ces gens se sont acharnés avec tant de fureur ?

— Vous faites leur procès, maître, et je ne suis pas leur avocat. Mais c’est toute l’affaire que vous venez d’évoquer d’un mot. Les hommes de vérité n’ont été si intrépides que parce que les hommes de mensonge ont été si furieux. S’il ne s’était pas rencontré un Méline et un Billot pour s’appareiller aux scélérats, pour tromper un Scheurer-Keslner, mentir à leur pays, se parjurer à la tribune des Assemblées et faire acquitter frauduleusement un homme qu’ils savaient être un coupable, un innocent aurait été réhabilité sans agitation, et il n’y aurait pas eu d’affaire Dreyfus.

— Soit, fait Tolstoï. Mais encore cet