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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/165

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cerveau, et un homme ! Quel malheur qu’il ait déraillé dans la seconde partie de ses Pensées et qu’il n’ait pas eu l’énergie de tenir bon jusqu’au bout !… Mais voilà, il a eu peur, il s’est effrayé lui-même, la discipline de l’Église l’a ressaisi, et il est mort sans s’être libéré. Oui, c’est un grand dommage pour le progrès de l’esprit humain…

Le maître se tait un instant, comme s’il méditait ; puis il reprend :

— Outre ce « Calendrier », j’envoie des articles à une revue anglaise. Même je prépare quelque chose sur la guerre actuelle.

— Ne projetez-vous pas une étude sur Shakspeare ?

— Elle est terminée.

— Et l’on m’a dit que votre jugement ne ménage guère le vieux Will ?

— Je dis ce qui est, voilà tout. Je dis ce que tout le monde penserait, si tout le monde consentait à réfléchir et à se faire une opinion sérieuse. Y a-t-il rien de plus extraordinaire, de plus paradoxal, que ce bruit fait autour de Shakspeare, autour du « génie » de Shakspeare ! Le « génie » de