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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/158

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Vous et moi, nous sentons très bien que la violence est inutile entre nous, parce que nous avons à notre disposition un instrument qui lui est supérieur : la raison. Preuve qu’elle n’est pas un élément essentiel de notre nature. Tous les conflits qui les divisent, les hommes pourraient les résoudre par le seul secours de la raison, il ne faut donc pas dire que la violence est immanente dans l’homme. Il ne faut même pas se le demander, car c’est s’interdire alors d’en prêcher l’abolition en tarissant en soi-même les sources de la foi, Et comment proférer une erreur semblable ? Ne voyez-vous pas qu’un peuple existe qui a réalisé dans la fraternité son existence et son unité ? Ce sont les Doukhohors. Les Doukhobors constituent une société normalement organisée, et qui fonctionne régulièrement. Eh bien, ce qu’ils ont accompli par l’adhésion réfléchie de leur raison et par la soumission à la conscience, pourquoi l’humanité, un jour, n’y atteindrait-elle pas à son tour ?… Vous avez bien idée de ce qu’ils ont fait, les Doukhobors ?

— Certes, je le sais. Je sais aussi qu’ils