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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/139

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Voyageur passionné, j’entrepris la défense des voyages. J’avançai que le chemin de fer est peut-être le plus sûr véhicule des sympathies entre les hommes, et qu’en échangeant des sympathies ils propagent des idées ; qu’il permet aux peuples de se pénétrer mutuellement, de se comparer, de se juger, qu’il contribue ainsi à élargir leur conception de l’humanité, et qu’en multipliant les échanges économiques, il débarbouille leurs cervelles de l’excessif particularisme des concepts purement nationaux. La pensée universelle n’a-t-elle pas tout à gagner à la diffusion rapide de l’idée ? Le penseur, à son insu, n’est-il pas tout autant l’inconscient continuateur de ceux qui l’ont précédé, que la fleur rare du champ d’idées dont il se nourrit ?

— Pas du tout, fait vivement Tolstoï. Le penseur est la plante qui pousse sur les rochers sauvages. Il se nourrit de soi-même, et il est le produit de sa propre substance. Épic-

    pas sur la mer, pour ne jamais en rien dire, et pour le seul plaisir de voir, sans espérance de s’en entretenir jamais avec personne. » (Pascal, Pensées, 1re partie art. v.)