Ouvrir le menu principal

Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/124

Cette page a été validée par deux contributeurs.



V


À six heures et demie, nous nous mettons à table pour le dîner. À partir de ce moment, et jusqu’à minuit, sauf pendant quelques brefs instants, je n’ai plus quitté Léon Nicolaiévitch. Il parla principalement de la guerre ; mais Tolstoï est un livre inépuisable de vie et de beauté, et, s’il consent qu’on l’interroge, il n’y a qu’à l’écouter sans fin. J’ai donc écouté le maître. Il causa de toutes choses et de toutes gens, en sage qui a embrassé l’univers, en apôtre chez qui la foi en l’idéal est le principe même de sa vie. Mais je ne suis point, hélas ! un phonographe : comment reconstituer, comment