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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/122

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fique portrait de Léon Nicolaiévitch, beau comme la vie, expressif et profond, et qui n’est pas dans le commerce. Puis, au-dessus d’une petite table de travail, celui d’un enfant qui est l’image saisissante du maître : le même gabarit de tête, dirait quelque anthropomètre, son même front, son même nez, et ses lèvres épaisses, et surtout ses yeux, la lumière flamboyante de ses yeux extraordinaires. C’est le portrait du dernier né de la famille, qu’ils ont perdu à onze ans, il y a sept années. Il est partout : là, au-dessus de la table où s’assied sa mère, puis sur cette table même, puis sur la cheminée.

— Quel enfant c’était ! me dit la maman soudain douloureuse. Tout son père, les traits mêmes de son père quand il était jeune, tels qu’ils revivent dans mes souvenirs de petite fille. Lui-même disait : « Je n’ai pas d’enfant en qui je me ressemble davantage. » De son père, il n’avait pas seulement l’apparence physique, mais aussi quelque chose de sa pensée profonde. Si jeune, il nous disait parfois des choses dont nous restions stupides, et qui nous inquié-