Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/173

Cette page a été validée par deux contributeurs.
SELD
SELE
— 1739 —


du roy. de Kaboul, le Séistan n’en fait partie auj. que nominalement, et est divisé entre une foule de chefs indépendants, dont les 2 principaux sont : le sultan de Djelalabad et le khan d’Illoumdar. Le Séistan est la patrie de Djemchid et de Roustam, les deux héros mythiques des anciens Perses.

SEIZE (les), comité insurrectionnel formé à Paris pendant la Ligue, se composait d’un grand nombre d’individus, tous fougueux ligueurs, et fut ainsi nommé parce qu’on y choisit 16 membres principaux dont chacun fut chargé d’un des seize quartiers de Paris, Bussy-Leclerc exerçait parmi eux la principale influence. Ils se substituèrent violemment au conseil municipal que présidaient le prévôt des marchands et les échevins. Les Guises n’avaient point eu de part à l’institution des Seize, mais ils s’empressèrent de s’unir à eux, et dès lors Paris devint le centre de la Ligue. Les Seize tentèrent, en 1587 et 1588, d’enlever Henri III, préparèrent en 1588 la journée des Barricades, bouleversèrent en 1589 par des arrestations arbitraires le parlement de Paris, et en formèrent un nouveau, à leur dévotion ; ils furent aussi pour beaucoup dans la résistance de Paris à Henri IV (1590). Mais dès ce temps ils avaient cessé de marcher avec Mayenne, nouveau chef des Guises. En 1591, ils se déclarèrent pour le jeune Charles, duc de Guise (fils du Balafré), espérant le gouverner plus aisément, et demandèrent pour reine à Philippe II sa fille Claire-Isabelle-Eugénie, dont ils comptaient faire l’épouse du jeune prince. Ils venaient de mettre à mort trois membres du parlement (V. brisson), lorsque Mayenne, marchant à l’improviste sur Paris força Bussy-Leclerc à lui rendre la Bastille, et anéantit le pouvoir des Seize (1591).

SÉJAN, Ælius Sejanus, fameux ministre de Tibère, était un simple chevalier romain, natif de Vulsinies. Il réussit, avec Drusus, à apaiser la révolte des légions de Pannonie, fut nommé par Tibère chef des prétoriens, accrut de jour en jour son ascendant sur l’empereur, qui avait mis en lui toute sa confiance, fut chargé de tous les soins du gouvernement lorsque le vieux prince se retira à Caprée, et se rendit odieux par sa tyrannie et son avarice, D’une ambition insatiable, il finit par aspirer à l’empire : il sollicita pour y mieux réussir la main de Livie, belle-fille de Tibère et veuve de Drusus, qu’il avait déjà séduite et décidée à empoisonner son époux. N’ayant pu obtenir sa main, il forma un complot contre l’empereur ; mais Tibère devina et déjoua tout. Sur une lettre venue de Caprée, le favori fut arrêté en plein sénat, conduit à la prison et aussitôt étranglé, l’an 31. Séjan laissa une mémoire abhorrée : la populace traîna son corps par les rues de Rome et le jeta dans le Tibre.

SEL (le), ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), à 50 kil. N. E. de Redon ; 638 hab.

SELDEN (J.), homme d’État, né en 1584 à Salvington (Sussex), m. en 1654, parut aux sessions de la Chambre des Communes de 1624, 26, 28, où il se montra l’antagoniste de la cour, fit partie du comité chargé de dresser l’acte d’accusation de Buckingham, 1626 ; fut emprisonné (1628) et longtemps persécuté pendant la période où Charles I régna sans Chambres ; reparut en 1640 dans le Long-Parlement, et s’y montra fort modéré. N’obéissant qu’à sa conscience, il paraissait factieux aux royalistes et faible aux indépendants. Il signa le Covenant en 1644 ; néanmoins, il refusa, sous Cromwell, de combattre les apologies publiées en faveur de Charles I. C’est un des beaux caractères de la révolution anglaise. Il a laissé beaucoup d’écrits, les uns d’érudition, les autres de politique, qui ont été réunis en 3 vol. in-fol., Londres, 1726 ; on y remarque le Mare clausum, traité contre la liberté des mers, qu’il opposa au Mare liberum de Grotius, et des Commentaires sur les marbres d’Arundel (1629).

SELDJOUCIDES (Turcs), dynastie orientale, a pour chef Togroul-Beg, petit-fils de Seldjouk, qui, sorti des steppes du Turkestan, s’empara, à la tête d’une horde turcomane, de Nichapour, 1037, conquit l’empire des Gaznévides, mit fin au règne des Bouides d’Ispahan, 1055, et se rendit maître de Bagdad, 1060. À sa mort, en 1063, Alp-Arslan, son neveu, soumit la Géorgie, l’Arménie et une partie de l’Asie-Mineure. Mélik-Chah, fils d’Alp-Arslan, rangea sous ses lois presque toute la Syrie et diverses régions de l’Asie centrale (1072-92); mais dès 1074 Soliman, son cousin, fonda un 2e État seldjoucide à Konieh, État qui comprit l’Asie-Mineure presque entière, la Cilicie et l’Arménie. Après la mort de Mélik, Alep, Damas, Antioche, Moussoul formèrent aussi de petites principautés seldjoucides, mais très-inférieures en puissance aux deux empires ci-dessus nommés. La plupart de ces principautés furent renversées pendant les Croisades par les Chrétiens ou par les sultans du Kharism. Les Seldjoucides de Perse finirent en 1194 dans la personne de Togroul II. V. perse, konieh, etc.

SELEF, riv. d’Anatolie. V. calycadnus.

SELEFKEH, Seleucia Trachea ou Sel. Ciliciæ v. de la Turquie d’Asie, ch.-l. de livah, dans le pachalik d’Adana, sur le Selef (Calycadnus), à 16 kil. de son embouchure et à 98 kil. S. O. de Tarsous, ne se compose guère que de cabanes en terre ou en bois. Superbes ruines (théâtre, temple, portiques, nécropole, citadelle, immenses citernes).

SÉLÈNE, nom grec de la Lune ou Diane.

sélène (Cléopâtre), princesse égyptienne, fille de Ptolémée Évergète II, épousa son frère Ptolémée Lathyre (117 av. J.-C.), puis Antiochus Grypus, roi d’Antioche, et enfin Antiochus Eusèbe, neveu de Grypus, et roi de Damas, eut de ce dernier Antiochus l’Asiatique et Seleucus Cybiosactès, et gouverna pendant la minorité de ses enfants, de 80 à 70 av. J.-C. Elle fut mise à mort par Tigrane, roi d’Arménie, qui avait envahi la Syrie.

SÉLENGA, Æchardus, riv. d’Asie, naît en Mongolie, dans le pays des Kalkhas, coule à l’E., puis au N., entre en Sibérie, baigne Sélenginsk et Verknéi-Oudinsk, et tombe dans le lac Baïkal, par 52° 25’ lat. N., après un cours d’env. 1000 kil.

SÉLEUCIDE, contrée de la Syrie, ainsi nommée de Séleucus Nicator, s’étendait le long de la Méditerranée depuis le golfe d’Issus au N. jusqu’à l’embouch. de l’Oronte au S. On l’a souvent nommée Tétrapole, à cause de ses 4 villes principales : Séleucie (Seleucia Pieria), Antioche, Laodicée et Apamée.

SÉLEUCIDES, dynastie macédonienne qui régna sur la Syrie et la Hte-Asie après la mort d’Alexandre, tirait son nom de Séleucus I, un des généraux de ce prince. Sa domination fut de 247 ans (311-64 av. J.-C.). On appelle Ère des Séleucides une ère qui commence à leur avénement. Pour leur succession, V. syrie.

SÉLEUCIE, Seleucia, 1re capit. du roy. de Syrie sous les Séleucides, était en Babylonie, au N., sur la rive droite du Tigre, et fut fondée par Séleucus Nicator vers 307 av. J.-C.; elle passa en 140 sous le pouvoir des rois parthes avec les prov. à l’E. de l’Euphrate, et fut alors remplacée comme capitale des Séleucides par Antioche. La fondation de Ctésiphon sur l’autre rive du Tigre porta un coup fatal à Séleucie, qui depuis ne fit que décliner. Auj. il n’existe de ces deux villes que des ruines, dites Al-Madaïn, aux env. de Bagdad. — On connaît 3 autres Séleucies : Seleucia Pieria, dans la Séleucide, près du mont Piérus et à l’embouch. de l’Oronte ; — Seleucia ad Taurum, en Pisidie, au pied du Taurus ; — Seleucia Ciliciæ ou Trachea, auj. Selefkeh, en Cilicie, sur le Calycadnus et près de son embouchure.

SÉLEUCUS I, dit Nicator (vainqueur), roi de Syrie, chef de la dynastie des Séleucides, né en 354 av. J.-C., fut un des meilleurs officiers d’Alexandre ; il était, lors de la mort de ce prince, gouverneur de la Médie et de la Babylonie, et avait le commandement de la cavalerie (323). Il eut part à la ligue formée par Antigone contre Perdiccas (321), reçut après la victoire la province de Babylonie, accéda à la ligue contre Polysperchon et Eumène, se vit, en 315,