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de personnages importants de l'époque. Mme Mirbel apporta dans l'art de peindre la miniature une modification importante : elle lui donna quelque chose de la vigueur de l'huile en abandonnant le pointillé jusqu'alors en usage. Son modelé est très-fini et sa couleur très-brillante.

MIREBALAIS, anc. pays de France, dans le petit gouvt de Saumur, renfermait Mirebeau et Moncontour. — C'est aussi le nom d'une v. d'Haïti, ch.-l. d'arr., sur la r. g. de l'Artibonite, à 40 kil. N. E. de Port-Républicain.

MIREBEAU, Mirabellum, ch.-l. de c. (Vienne), à 26 k. N. O. de Poitiers; 1800 hab. Vins, blés, laines, etc. – Anc. capit. du Mirebalais, bâtie en 1030 par Foulques Nerra, comte d'Anjou. Arthur de Bretagne y fut défait et pris par Jean sans Terre.

MIREBEAU-SUR-BÈZE, ch.-l. de c. (Côte-d'Or), à 24 k. N. E. de Dijon; 1200 hab. Serges, droguets, chapellerie, poteries. Château construit sous François I.

MIRECOURT, Mercurii Curtis, ch.-l. d'arr. (Vosges), sur la r. g du Madon, à 29 kil. N. d'Épinal, et à 344 kil. S. E. de Paris; 5684 h. Trib. de 1re inst. et de commerce, collége, école normale, bibliothèque. Dentelles, tannerie, chamoiserie; fabriques renommées d'instruments de musique (violons, basses, guitares, orgues, serinettes, vielles, etc.). Commerce de vins, eaux-de-vie, moutons. — Fortifiée au XVe siècle, elle appartenait alors aux comtes de Vaudemont. La Hire s'en empara pour Charles VII. Le maréchal de Créqui en rasa les fortifications en 1670.

MIREMONT, bourg du dép. du Puy-de-Dôme, à 40 kil. O. de Riom; 1500 hab. Anc. commanderie de St-Jean-de-Jérusalem.

MIREPOIX, Mirapicium, ch.-l. de c. (Ariége), à 24 kil. E. N. E. de Pamiers, sur la r. g. du Lers ; 4060 hab. Ancien évêché, créé en 1318, supprimé par le Concordat de 1801. Fabriques de gros draps; filature hydraulique; commerce de volailles, céréales, bestiaux. Restes d'un château fort; belle église paroissiale, jolies promenades, vaste hôpital, beau pont en pierre. Aux environs, fer, jayet, houille. — Mirepoix était jadis la capit. du pays de Mirepoix (Mirapicensis pagus), compris dans le Ht-Languedoc (auj. dans l'O. du dép. de l'Aude et le N. E. de celui de l'Ariége); elle avait été érigée en marquisat au XIIIe s. Dans la guerre des Albigeois, les Croisés la prirent, en 1200, sur le comte de Foix, et la donnèrent à Guy de Lévis, dans la maison duquel le marquisat de Mirepoix est resté jusqu'en 1789.

MIREPOIX (Guy DE LÉVIS, marquis de), guerrier du XIIe siècle, tige de la famille de Lévis, accompagna Simon de Montfort, chef de la croisade contre les Albigeois. Il reçut lui-même les titres de maréchal de l'armée des Croisés et de maréchal de la Foi, qu'il transmit à ses descendants, et obtint pour prix de ses exploits la terre de Mirepoix avec plusieurs autres. Il mourut vers 1230. — Guy de Lévis III, seigneur de M., petit-fils du précéd., suivit Charles d'Anjou dans son expédition de Naples, et se distingua au combat de Bénévent livré à Manfred en 1266. De retour en France, il obtint, par arrêt du parlement de Toulouse, le maintien de la prérogative de juger les délits d'hérésie dans toute l'étendue de ses fiefs. — Gaston François de Lévis, marquis, puis duc de M., maréchal de France, servit avec distinction en Italie, fut, en récompense, promu successivement aux grades de maréchal de camp et de lieutenant général, remplit d'importantes missions à Vienne et à Londres, et reçut en 1751 le bâton de maréchal. Il remplaça en 1756 le maréchal de Richelieu dans le gouvt du Languedoc, et mourut à Montpellier en 1757.

MIRIBEL, bg de France (Ain), à 13 kil. N. E. de Lyon, sur la r. dr. du Rhône et sur la grande route de Lyon à Strasbourg; 2000 hab. Marchés fréquentés.

MIRKHOND (Mohammed), historien persan, né en 1433, m. en 1498, fit dès sa jeunesse une étude profonde de l'histoire. Protégé par Al-Chyr, visir de Hocéin-Bahadour, souverain du Khoraçan et du Mazandéran, il s'enferma dans un monastère de Hérat, et y rédigea, sous le titre de Rouzat al safa (jardin de la pureté), une espèce d'encyclopédie de l'histoire orientale, qui, remontant jusqu'à la création, contient l'histoire des patriarches, des prophètes, des anciens rois de Perse, de Mahomet et de ses successeurs, des dynasties turques, tartares, etc. Cet ouvrage n'a pas été traduit en totalité, mais il en a été donné, soit en français, soit en latin, des parties importantes, entre autres : l’Histoire des rois de Perse sassanides, trad. par Sacy, 1793; l’Hist. des Thahérides et des Soffarides, trad. par Ienisch sous ce titre : Historia priorum regum Persarum post natum islamismum, Vienne, 1792; l’Hist. des Samanides, mise en latin par Fréd. Wilken, Gœttingue, 1808; l’Hist. des Seldjoucides, publ. par Vullers, Giessen, 1838; l’Hist. des Gaznévides, mise en lat. par le même, 1832, et trad. en français par Frémery, 1845; l’Hist. de Gengis-Khan, par Ad. Langlès (tome V des Notices et Extraits); l’Hist. des Ismaéliens de Perse ou Assassins, trad. par Jourdain (tome IX des Notices). Mirkhond eut pour fils Khondemir, qui lui-même fut un grand historien.

MIR-MAHMOUD ou MAHMOUD-CHAH, souverain de la Perse, de la dynastie des Afghans, était fils de Mir-Weiss, intendant du Candahar pour les sophis. A l'âge de 18 ans (1716), il poignarda Abd-el-Aziz, son oncle, successeur de son père Mir-Weiss, et se mit à sa place. Profitant de l'anarchie qui régnait en Perse, il attaqua Ispahan en 1722, s'en empara après une grande victoire, détrôna le sophi Hocéin et prit le titre de chah. Il soumit d'abord toute la Perse; mais, ayant éprouvé quelques revers, il tomba dans uns sorte de folie; les Afghans le déposèrent alors (1725), et mirent sur le trône Aschraf, fils d'Abd-el-Aziz, qui, pour venger son père, lui fit trancher la tête.

MIRMIRAN, corruption d’emir-al-omra. V. ÉMIR.

MIROMÉNIL (Armand HUE de), garde des sceaux, né en 1723, m. en 1796; était président du parlement de Rouen lors des changements apportés par le chancelier Maupeou dans la magistrature et fut exilé pour s'y être opposé. Il se lia avec Maurepas, qui, devenu premier ministre, lui fit confier les sceaux (1774). Il travailla à la réintégration des parlements, fit abolir la question et la torture, 1780, et montra en toute occasion de la sagesse et de la modération. Il fut renversé en 1787 par la cabale de Brienne, pour avoir appuyé les plans de Calonne.

MIRON, famille illustre dans la médecine et la magistrature, a fourni des médecins à plusieurs de nos rois. Gabriel M., professeur de médecine à Montpellier, fut 1er médecin de Charles VIII en 1489. — Un autre Gabriel M., médecin de Louis XII et de François Ier, est auteur d'un livre de Regimine infantium, Tours, 1544, 1553, in-fol. — François M., fils du préc., médecin ordinaire de Charles IX et de Henri III, a laissé une Relation curieuse de la mort du duc de Guise et du cardinal son frère. — François M., m. en 1609, cousin du préc., fut lieutenant civil et prévôt des marchands sous Henri IV. Paris lui doit une partie de ses embellissements, entre autres la façade de l'hôtel de ville, pour la construction de laquelle il abandonna ses appointements. On voit auj. sa statue sur cette façade. — Son frère, Robert M., fut aussi prévôt des marchands, présida le tiers état aux États généraux de 1614, s'y distingua par son éloquence mâle et patriotique, fut ensuite ambassadeur en Suisse, intendant en Languedoc, et mourut en 1641.

MIROUT, en anglais Meerut, v. de l'Inde anglaise, ch.-l. de district, sur le Kalli-Neddi, à 45 k. N. E. de Delhi. Ville autrefois importante, prise en 1018 par Mahmoud le Gaznévide; en 1399, par Timour, qui la ruina. C'est auj. une station de troupes anglaises : c'est là qu'éclata en 1857 l'insurrection des troupes indigènes contre les Anglais.

MIRVELT, peintre. V. MIEREVELT.

MIR-WEISS, chef d'une tribu afghane, intendant du Candahar pour les sophis de Perse, se rendit in-