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Page:Boufflers - Oeuvres - 1852.djvu/134

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pas mieux, toute pure qu’elle est, que la triste Pravir.

– Ma fille, tu te reproduiras peut-être un jour dans des images vivantes de ta beauté, et tu sauras alors que l’amour d’une mère, semblable à celui des Dieux mêmes, ne s’affaiblit point en se partageant... Mais lis ce que tu vois écrit sur cette feuille de lotus que la figure porte à sa main : Ma mère, ma mère, rends-moi l’amour de Pravir, quand tu devrais la préférer à la tendre Meva. »

Pravir, à cette vue, saisie d’une tendre émotion, tourne ses yeux humides vers le lac, et voit une seconde fois son image qui brille enfin de tout son éclat. De douces larmes avaient expié un long endurcissement, comme une pluie bienfaisante reverdit des plantes desséchées. Les âmes des deux sœurs rendues à la vie de l’amour ressemblent à des branches de lierre qui s’enlacent pour ne plus se séparer. Le puissant Indra laisse tomber sur elles deux un rayon brûlant qui les fond l’une et l’autre en une seule et même âme.

« Ô bonté ! ô félicité ! s’écrie la plus tendre des mères : ô mes enfants ! mes enfants ! vous faites plus pour moi que je n’ai fait pour vous. Ô mes enfants ! combien je vous dois !

– Eh ! ma mère, disent-elles ensemble, qu’est-ce que tu nous dois ?

– Votre bonheur ! »