comme des préjugés, sera faible devant sa conscience.
— Est-ce que vous voulez que, pour éveiller ses remords, j’aille lui crier grâce ?
— Il n’est pas question de cela. Mais vous savez où ils se réunissent ; je vous donnerai les moyens de vous introduire auprès d’eux. Vous entrerez avant leur arrivée. N’épiez pas ; montrez-vous dès qu’ils seront ensemble. Dites-leur quel conseil on vous donne et que vous n’avez pas voulu vous déclarer leur ennemie. Dites à votre mari que c’est à lui que vous remettez votre destinée et la sienne propre. Quelques paroles suffiront. Votre présence seule sera un reproche assez éloquent.
Adrienne hésitait : sa défiance et sa fierté se rebellaient contre les avis de Mathilde.
— Croyez-m’en, ajouta celle-ci en insistant, si ce n’est pas votre mari qui cède, Cécile fléchira.
Ébranlée peut-être par ce dernier argument, Adrienne remercia madame de Nerville et promit de réfléchir à sa proposition.
Elle essaya, en effet, de se consulter elle-même ; mais elle fut saisie d’une sorte de vertige moral : toutes ces choses lui paraissaient