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AVERTISSEMENT.

Après ce Dictionnaire, j’ai employé le DICTIONNAIRE PORTATIF de Gattel, désigné par un g. Cet ouvrage, d’une réputation justement méritée, m’a fourni une très-abondante récolte de mots nouveaux. Il faut observer en passant que ce lexicographe fait des adjectifs de tous les participes.

Pai cité après lui le Dictionnaire de Trévoux ; son nom seul m’imposoit l’obligation de le prendre pour autorité, surtout pour les expressions surannées. Un t. l’indique.

RESTAUT, qui a fait son travail sur tous les Dictionnaires existans avant lui, m’a fourni une très-grande quantité de mots omis par les autres Dictionnaires, et son système d’orthographe est adopté par beaucoup d’écrivains et d’imprimeurs. La lettre r. l’indique. La deuxième édition qui renferme beaucoup de termes nouveaux, est désignée par rr. ; et j’observe que ces deux ouvrages ne donnant que peu de définitions, celui-ci leur sert de complément, parce que je les ai très-souvent ajoutées.

FERRAUD ayant été analysé par Gattel, devenoit inutile pour les citations, ainsi que le DICTIONNAIRE françois de l’Encyclopédie méthodique, qui lui servit également de base, et je n’ai en effet trouvé dans ces deux ouvrages que très-peu de mots omis par lui.

WAILLY s’est fait une obligation, dans son DICTIONNAIRE DES RIMES, de rassembler la plus grande quantité possible de mots ; la nature de son travail l’exigeoit ; on doit par conséquent être très-circonspect dans l’emploi de ceux qui sont suivis d’un v. Quant à l’orthographe, il ne peut faire autorité, puisque son système devoit être de n’en point avoir, et d’adopter toutes les manières d’écrire un mot, de le resserrer ou de l’étendre, pour fournir à la mesure et à la rime. Cet ouvrage et son excellent ABRÉGÉ DE L’ACADÉMIE sont désignés par un v.

RICHELET, ancienne édition, désigné par rich., n’est cité que par respect pour un auteur qui a le plus travaillé à simplifier et éclaircir l’orthographe françoise. La nouvelle édition est la base du Dictionnaire des Rimes.

J’ai puisé l’étimologie latine dans Boudot ; j’ai cru ne devoir citer que les mots qui sont équivalons du françois, sans employer les circonlocutions, encore moins me suis-je permis d’adopter ces mots latins qui n’ont jamais été prononcés par une bouche romaine, et qui appartiennent à la basse latinité. J’en excepte toute fois les termes d’histoire naturelle, dont il étoit indispensable de donner la synonymie latine.

Je finis, attendu la petitesse du format, par le DICTIONNAIRE DE POCHE de Catineau qui a donné l’orthographe de Voltaire, et par cela même m’a fourni beaucoup de variantes. Sa nomenclature est à-peu-près la même que celle de Gattel et lorsque tous deux ont, avec les nouvelles Académies, adopté un mot, on peut l’adopter aussi. La lettre {sc|c}}. désigne les deux éditions.

Outre ces Lexicographes, j’ai souvent cité des auteurs célèbres, tels que Lafontaine, Sévigné, Fontenelle, Voltaire, J.-J. Rousseau, La Harpe, Buffon, etc.

Ce travail terminé, j’ai compulsé les Dictionnaires particuliers, tels que ceux du VIEUX LANGAGE, le MANUEL LEXIQUE, le GLOSSAIRE FRANÇOIS, les DICTIONNAIRES FRANÇOIS ET ETRANGERS, les DICTIONNAIRES NÉOLOGIQUES : jai surtout admis des mots précieux par leur énergie, ceux qui évitent des circonlocutions, tels que les mots accrédité, frissement, hideur et une multitude innombrable d’autres qui sont des richesses inconnues de notre langue.

Ce travail offre les pertes que notre langue a faites et ses nouvelles acquisitions.

Après avoir fait le rapprochement, la comparaison des systèmes d’orthographe, et présenté toutes les variantes qu’ils fournissent, je me suis occupé des définitions, acceptions, synonymes ou équivalens : je les ai fidellement extraites des deux Académies de Gattel, et des autres Dictionnaires ; j’ai tâché de les analyser, de les resserrer sans les obscurcir, pour ne pas dépasser les limites prescrites par le format ; et ce fut, il faut l’avouer, la partie, sinon la plus pénible, du moins la plus délicate de mon travail.

Certainement il arrivera plusieurs fois au lecteur, comme il m’est très-souvent arrivé à moi-même, de n’être pas d’accord avec le Dictionnaire sur le sens de certains mots, et de s’étonner de celui qu’il leur trouvera ; mais j’ai dû suivre mes guides, et ne pas mettre ma façon d’entendre à la place de celles généralement adoptées par eux ; je ne citerai pour exemple que le mot irascible. Si le lecteur a toujours donné à ce mot un autre sens, il doit se rectifier. Cependant, j’ai cru devoir pour la commodité du lecteur, ajouter ces acceptions avec une * et un b. (voyez ce mot et beaucoup d’autres). Quelquefois je me suis permis de donner des définitions telles que celles de génie, animal, végétal, etc. Je n’ai moi-même créé qu’un seul mot que je crois utile, celui de convénient.

Je me suis ensuite occupé des termes de Sciences. Je les ai cherchés dans les deux ENCYCLOPEDIES, dans les DICTIONNAIRES et les TRAITÉS particuliers des auteurs les plus estimés ; tant de personnes s’en occupent aujourd’hui, qu’il est difficile de trouver un livre, une feuille périodique qui n’en renferme quelques-uns, dont la signification arrête le lecteur.

L’Académie en avoit donné beaucoup : j’ai suivi sa marche, en tâchant de les donner tous.

Passant ensuite aux termes d’Arts, Manufactures et Métiers, je les ai de même recueillis des livres classiques en ce genre. Plus les hommes sont ignorans, plus ils sont enclins à la raillerie : personne ne pousse plus loin le pédantisme que les artisans et les cultivateurs lorsqu’ils parlent de leur état, et l’homme le plus instruit d’ailleurs est exposé de leur part à des mortifications, s’il hésite sur un mot, ou si le terme qu’il emploie est im-

propre.