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LA RIDICULE ÉPOUVANTE DES LARVES

je lui prodiguai mes soins, le mal était sans remède. Les farfadets ont voulu me priver de l’objet le plus cher et pour comble de malice ils exigèrent que moi-même j’immolasse un être faible et sans défense.

Berbiguier a sans cesse la notion du « Diable » tel que nous l’avons défini, collectivité monstrueuse, courant formidable et grotesque, éparpillant ses haines et ses terreurs. Dans ce fleuve diabolique, Berbiguier baigne sans cesse, et par ses tribulations, il reçoit des intuitions étranges que la science future jugera. À son sentiment, les tempêtes et les troubles de la nature pourraient bien être dues à des hommes criminels. Les maladies, les moindres comme les plus grandes, il les attribue au « farfadet » Tourmenteur de l’homme et du Ciel ! Où peut s’arrêter une pensée débile, sur une telle pente ? Il s’égare, se trompe de plan, imagine au matériel ce qui n’est que dans le monde des reflets. De cette idée si juste de la communion entre eux, des êtres de même nature (communion inconsciente et sans pacte officiel), il tombe à imaginer une sorte de franc-maçonnerie effective des farfadets ; et, comme il ne résiste pas longtemps à la tentation d’être stupide, il donne dans la plaisanterie de la pièce enchantée que lui conte un farfadet terrestre de cette espèce dénommée vulgairement « fumiste ».

Or, Berbiguier ne se tient pas pour vaincu. La mort de l’écureuil lui donne du cœur au ventre. Le voilà qui « s’en va-t-en guerre » et non pas toujours sans succès. Il nous a légué les recettes de sa cuisine antifarfadéenne, les trames de ses conspirations :

Procurez-vous un cœur de bœuf, mettez-le sur un feu ardent,