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Page:Bjørnson - Chemin de fer et cimetière.djvu/27

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ble dans sa maison. Ils se tenaient serrés par la main, l’un assis, l’autre debout.

— Voyons, Lars ! viens avec moi, dit Knud.

Sans proférer une parole, Lars se leva. Côte à côte ils s’avancèrent vers la voiture. On aida Lars à y monter ; Knud prit place à côté de lui. Ce qu’ils se dirent pendant la course, et après, dans la petite chambre à Aakre, où ils restèrent ensemble jusque tard dans la matinée, personne ne l’a jamais su. Mais, de ce jour-là, ils furent inséparables comme autrefois.

Aussitôt que l’infortune accable un homme, chacun reconnaît ses qualités. Ce fut la paroisse qui rebâtit à ses frais la demeure de Lars Högstad : il n’y eut pas, dans la vallée, de bâtiments plus grands et plus beaux que ceux-là. On le réélut à la présidence du conseil, mais avec Knud Aakre à ses côtés. Jamais il ne manqua de consulter l’intelligence et le cœur de Knud, et, depuis ce jour, les temps de ruine furent passés.

Bjørnstjerne Bjørnson



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