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Page:Bjørnson - Chemin de fer et cimetière.djvu/1

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CHEMIN DE FER ET CIMETIÈRE


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NOUVELLE
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I

Knud Aakre appartenait à une vieille famille, qui avait toujours joui, dans la paroisse, d’un renom d’intelligence et de dévouement au bien public. Son père était parvenu à la prêtrise, mais il mourut jeune, et comme sa veuve était sortie d’une souche de paysans, ses enfants furent élevés en paysans. Knud ne reçut donc d’autre éducation que celle des écoles de village de son temps, mais la petite bibliothèque de son père lui avait inspiré de bonne heure l’amour de l’étude. Il était d’ailleurs stimulé par son ami, Henrik Wergeland, qui lui rendait souvent visite, lui envoyait des livres et beaucoup de bons conseils. Ce fut d’après ses encouragements qu’il établit d’abord une société dont l’objet embrassait des buts très divers ; ainsi, les membres de cette société devaient apprendre pratiquement « à connaître et à débattre la constitution, » mais, plus tard, le club devint simplement une société pratique d’agriculture pour tout le bailliage. Sur le conseil de Wergeland, il fonda aussi une bibliothèque de paroisse, à laquelle il fit don des livres de son père. Wergeland lui suggéra encore l’idée d’établir dans son gard une école du dimanche, pour ceux qui voudraient apprendre l’écriture, l’arithmétique et l’histoire.