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VIE ET ŒUVRE

mes dettes. Je pensais comment je ferais pour les payer. Ayant longtemps pensé à ces choses, j’ai vu que si je ne dépense pas trop d’argent, toutes mes dettes ne m’embarrasseront pas et pourront, petit à petit, être payées dans deux ou trois ans ; mais les cinq cents roubles que je devais payer ce mois me mettaient au désespoir. Il m’était impossible de les payer et dans ce moment ils m’embarrassaient beaucoup plus que jadis les quatre mille d’Ogareff.

« Cette bêtise d’avoir fait les dettes que j’avais en Russie et de venir en faire de nouvelles ici me mit au désespoir. Le soir, en faisant ma prière, j’ai prié Dieu qu’il me tire de cette désagréable position et avec beaucoup de ferveur. « Mais comment est-ce que je puis me tirer de cette affaire ? » pensais-je en me couchant. Il ne peut rien arriver qui me donne la possibilité d’acquitter cette dette. Je me présentais déjà tous les désagréments que j’avais à essuyer à cause de cela. Quand il exigera par le tribunal, si les chefs demandent l’explication pourquoi je ne paie pas, etc. Seigneur Dieu, aide-moi, me dis-je, et je me suis endormi.

« Le lendemain, je reçois une lettre de Nicolas à laquelle était jointe la vôtre et plusieurs autres. Il m’écrit :

« Ces jours-ci Sado est venu chez moi. Il a gagné à Knorrig tes billets à ordre et me les a apportés. Il était si content de ce jour, il était si heureux, et m’a demandé beaucoup :

« — Qu’en penses-tu ? Est-ce que le frère sera