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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/98

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

rage, braves défenseurs de vos libertés, nos sympathies vous suivent.

Le grand patriotisme de Lucienne plaisait infiniment au Dr Chénier, surpris souvent de rencontrer tant d’énergie chez une personne aussi délicate, il l’admirait se disant :

— Quelle virilité chez cette petite fille.

Cependant souvent il la trouvait affaissée, c’était lorsque plongée dans des zones de profonde réflexion elle pensait à son départ pour Montréal. Il lui disait alors :

— On est sérieuse ce matin. Ou’avez-vous ? Il ne faut pas se laisser être malade de nouveau.

— Non, docteur, mais écrivez à ma famille que je le suis encore, afin qu’il me soit possible de demeurer quelque temps de plus dans votre maison, où vous avez, tous été si bons pour moi.

— Certainement, mademoiselle, nous voulons vous garder au milieu de nous, comptez sur mon dévouement, j’arrangerai tout avec votre oncle de manière à ce qu’il vous permette de prolonger votre séjour ici. Vous êtes beaucoup mieux, je suis heureux de le constater, néanmoins la campagne vous est encore indispensable.

— Et vos soins attentifs, docteur.

— Si vous le voulez, et beaucoup d’autres choses aussi. La médecine est relative, elle doit s’appliquer de mille différentes manières. Je ne suis pas de ces médecins qui disent en