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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/91

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— C’est peut-être parce qu’elle-même a été trompée par ce vilain reptile, qu’elle a acquis une partie de sa ruse pour se jouer de nous à son tour.

— Qu’il en vienne une autre se minauder prés de moi ! ah ! les morguiennes, elles auront leur compte cette fois.

— C’est bien, on ne t’y prendra plus. Laisse maintenant l’époussetage, que tu fais tout de travers ce matin, vas plutôt porter le déjeuner à Mlle Aubry, elle n’est pas venue à table, elle est sans doute un peu souffrante puisqu’elle garde la chambre.

— Monsieur Dugal est parti hier, c’est ça, je comprends, on a du sentiment lorsqu’on n’a pas un gésier à la place du cœur. Je vais tâcher de la distraire avec des histoires drôles.

Et disant, il se dirigea vers la cuisine pour chercher le déjeuner.

Lucienne, un peu plus pâle qu’à l’ordinaire, pensive à sa fenêtre, regardait sans la voir la route où Pierre, la veille, avait disparu, lorsqu’Edmond frappa à sa porte.

— Entrez, dit-elle.

Edmond parut portant un cabaret sur lequel fumait une tasse de café bien chaud, à côté d’œufs frais, de petits pains sortant du four et d’un bol de crème.

— C’est vous, Edmond, il ne fallait pas vous déranger pour apporter tout cela. Je n’ai pas