Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/90

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


à faire dorénavant, c’est de ne plus commettre d’extravagance pour les jeunes filles. Tu ne seras plus à la peine de reprendre ton butin, ces choses ne se pratiquent qu’à la guerre.

— C’est ça, je lui ai tait la guerre pour lui apprendre a ne pas être fourbe avec ses vrais amis. Je suis entré en conquérant, j’ai mis le gars à la porte, il n’y retournera plus : je lui ai montré comment je traite ceux qui ont l’effronterie de marcher sur mes brisées : il croyait avoir affaire à un homme de seconde main, mais aie pas peur. Edmond connaît trop comment ça se passe chez les cens élevés dans les politesses et les cérémonies, je lui ai administré une leçon dont il se souviendra longtemps.

— Alors si tu es content il ne faut plus te venger sur mes objets.

— C’est juste, c’est juste ; mais n’empêche que j’ai le cœur chaviré tout de même, on ne tombe pas de son ciel comme les moineaux nous autres, vous savez docteur.

— Tu as raison, néanmoins la plus sage philosophie est d’oublier bien vite les ingrats.

— Les ingrats, les ingrats, est-ce qu’on y pense lorsqu’on rencontre des jolies frimousses qui se mettent en quatre pour vous ensorceler ? ou croit que ç’a du cœur et du sentiment, lorsqu’on est d’une étoile solide soi-même. Ah ! la femme, la femme c’est un serpent qui vous glisse dans les mains comme une couleuvre.