Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/89

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Vous savez il y a des colères qui sont justes ; Votre Seigneur a bien battu les vendeurs du temple.

— Mais tu n’es pas Notre-Seigneur pour te permettre de corriger ainsi les gens ; d’ailleurs une chose donnée ne se reprend pas, surtout lorsque c’est un vêtement nécessaire.

— Non, pas nécessaire, qu’elle reste avec sa petite robe de droguet, puisqu’elle n’a pas de franchise, c’est tout ce qu’elle mérite. Avec, ça que j’y pense encore, si vous l’aviez vue me faire des yeux en coulisse, vous vous y seriez laissé prendre comme moi. Dire que je m’étais privé de nouvelles bottes pour lui acheter des chaussures ! Edmond, mon brave, on ne t’y prendras plus.

— Tu serais plus sage d’attendre que les moyens de subsistance soient un peu augmentés à ton actif.

— Bah ! quand on s’aime on n’a pas besoin de tant de choses, on chante comme ça à sa petite femme

Couchons-nous, ma mignonne, sur ce lit de pesat
Ton jupon, mes culottes, nous servirons de drap.
Si par cas que je meurs, le bien te restera,
Tu feras l’inventaire et tu te marieras ;
Tu seras l’héritière de ton lit et des draps.

On n’est pas si difficile, lorsqu’on n’a pas été élevé dans toutes les politesses et les cérémonies, on se contente à pas grands frais.

— Oui, mais il faut toujours penser à l’avenir, les enfants viennent. Ce que tu as de mieux