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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/79

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

tinuel avec ses maîtres, auxquels il s’efforçait de ressembler le plus possible.

Quelquefois le docteur Chénier surprenait son valet à porter ses cols, ou ses gants, comme il était bon prince il fermait les yeux sur ces escapades, sachant qu’il n’y avait là aucun larcin ; mais simplement un emprunt que le drôle faisait sans en demander permission, par esprit d’admiration pour son bienfaiteur, qui pour lui était le sur-homme trouvé.

La probité du domestique était parfaitement établie, il se serait fait couper un membre plutôt que de s’approprier un sou du prochain, si quelquefois, lorsque le docteur était absent, il manquait quelques provisions à la maison, Edmond allait les acheter de son propre argent, et n’en aurait soufflé mot si l’on ne s’en fut aperçu. Il était devenu dans cet intérieur un peu comme les ménagères de curés qui disent en entrant au presbytère : — Le cheval de Monsieur le curé, puis : — Notre cheval, et définitivement à mesure que le temps s’écoule : — Mon cheval.


VIII


Il était sept heures, Edmond avait fini de polir et repolir la dernière chaise de la chambre du pignon. Tout reluisait dans la pièce d’une méticuleuse propreté, le tapis bleu, les meubles, les rideaux blancs retenus de rubans azurés, mariant bien leur couleur aux nombreux bouquets de roses, que le domestique avait placés