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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/74

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

grands yeux, en m’avouant qu’elle voudrait bien voir ça un squelette qui marche ; mais le jour seulement, le soir elle aurait bien trop peur. Alors je l’invitai à venir à Saint-Eustache : Justement, m’a-t-elle dit, je voulais aller à Saint-Eustache emprunter de l’argent, connaissez-vous quelqu’un capable de me rendre ce service ? — Moi, je vous en prêterai, ai-je dit, ce sera une bonne occasion de venir chez le Dr Chénier voir l’homme enfilé ; j’ai confié au docteur cinq cents piastres pour les faire fructifier, il vous les prêtera pour moi. Ah, ah, ah, elle m’a cru, elle m’a pris pour un vrai monsieur.

— Oui, mais à l’avenir je te défends de faire des farces à mes dépens.

— Parfait, monsieur le docteur, puisque vous me le défendez, je connais assez les politesses et les cérémonies pour savoir qu’il faut que je vous obéisse comme à mon père ; mais je rirais bien tout de même de la faire courir encore cette femme curieuse-là.

— Que je ne t’y reprenne pas. Va maintenant demander des nouvelles de ma petite patiente, mademoiselle Girardin, elle était mieux hier, je veux savoir si le mieux continue.

— La jolie petite demoiselle qui connaît si bien toutes les politesses et les cérémonies, ce n’est pas elle qui ferait des questions, trop dame pour ça, une vraie petite princesse, avec çà