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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/7

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a commencé à aider les écrivains sans fortune, sans cesse en butte à tant de revers, à tant de déceptions ; le premier ministre vent changer cet état de choses déplorable, il comprend qu’un pays sans littérature ne peut jamais marcher de pair avec les nations éclairées. On dit qu’il songe à récompenser d’une manière rationnelle les familles où de père en fils on s’est consacré aux lettres ; qu’il est décidé à ne s’occuper nullement des envieux, des mécontents, essaim d’oiseaux de proie lançant continuellement dans l’espace leur cri rauque et lugubre pour retarder l’avancement de leur pays ; toujours opposés aux nobles innovations qui font la gloire des peuples.

Si telle est l’intention de Sir Lomer Gouin on pourra dire de lui qu’il a été le Washington des lettres au Canada, qu’il les a affranchies du joug odieux sous lequel elles périssaient.

Les règnes les plus glorieux ont été ceux où les souverains savaient choisir et protéger les talents qu’ils possédaient dans leur royaume ; Louis XIV pouvait dire à juste titre : « L’État, c’est moi, » parce qu’il avait eu le talent de mettre au grand jour les hommes de génie qui ont fait sa gloire.

Les gouvernements passent, les hommes passent aussi ; mais leurs belles actions se gravent en lettres d’or dans les annales de l’histoire, pour perpétuer d’âge en âge le souvenir