Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/67

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
59
LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

moi, mon enfant, il fallait tout m’avouer, tout me dire, nous aurions pu remédier plus tôt à ce pénible état de choses qui, dans les circonstances actuelles, aurait pu amener des complications fâcheuses. Enfin, le hasard nous a favorisés, je vous conduit aujourd’hui vers le seul médecin capable de vous guérir complètement.

— Après cependant avoir reçu vos soins attentifs, docteur, sans lesquels depuis longtemps je serais morte, ma reconnaissance ne pourra jamais payer votre dévouement. Que pourrais-je faire pour vous la prouver ?

Guérir, guérir au plus vite.

Elle appuya la main du médecin sur son cœur.

— Constatez, dit-elle, n’y a-t-il pas là plus de vie, les battements ne sont-ils pas plus réguliers, depuis que votre grande bonté a appliqué le pansement à la plaie béante qu’on y avait creusée.

— J’en étais sûr. C’est moi maintenant qui vous remercie, petite entêtée qui ne vouliez pas revenir à la vie, vous m’avez donné bien des inquiétudes.

— Pardon, dit-elle en baisant la main du praticien, je ne vous ferai plus souffrir, je veux devenir forte.

— C’est bien, c’est bien, ne parlez plus, fit-il, voulant cacher l’émotion qui le dominait, il ne