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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/66

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

sez-vous personne capable d’ensoleiller ce ciel qui vous parait si sombre ?

Un léger incarnat couvrit les joues de la jeune fille, un flot de sang monta à son cœur, avec l’image de Pierre, elle murmura bien bas :

Docteur, vous l’avez vu, il vous a parlé de moi ?

— Oui, je l’ai vu, il vous aime, il est au désespoir de n’avoir pu vous revoir, de vous savoir malade.

Des larmes tombèrent des yeux de Lucienne.

— Merci, dit-elle, vous me faites du bien.

— 11 vous en fera plus que moi lorsque vous le verrez. Il vous attend chez le docteur Chénier.

— Ah ! c’est vous qui avez fait cela, dit-elle en prenant la main du docteur et la pressant avec émotion, vous êtes le meilleur des pères.

— N’êtes-vous pas mon enfant adoptive, je vous ai considérée comme telle dès votre entrée chez votre oncle, où l’on vous a toujours traitée en étrangère. Lorsque toute petite fillette vous étiez très malade je vous ai ramenée de si loin… Le grand intérêt que je vous porte date de ce moment, il ne pouvait en être autrement, je vous arrachai alors à la mort. Croyez qu’en vous voyant si mal, ces derniers temps, mon affection en a beaucoup souffert, un chagrin que j’ignorais retardait votre convalescence. Vous avez manqué de confiance en